samedi 30 juillet 2016

Eternel pélerin, Henri Weber est arrivé à sa dernière étape.

L'abbé Henri Weber est décédé ce 29 juillet 2016. Il fut un personnage très actif dans l'Eglise du Brabant Wallon au temps des pionniers de LLN.


Hospitalisé d’urgence le 14 juillet suite à une détresse respiratoire sévère, notre ami Henri  a vu son état de santé se détériorer très rapidement.  Mardi dernier, il a été victime d’un malaise d’une telle gravité que l’équipe médicale de Nivelles a décidé, avec son accord, de soulager sa souffrance en lui administrant un traitement morphinique.
Il est décédé sereinement ce vendredi matin.
Henri repose au funérarium Lesseigne, Faubourg  de Soignies, 28,  1400 Nivelles où les visites sont attendues lundi 1/08 et mardi 2/08 de 15 à 18h.
Les funérailles auront lieu le mercredi  3 août à 10h. à la Collégiale Ste-Gertrude de Nivelles.

 http://magazine-appel.be/IMG/pdf/24-26-6.pdf un article qui résume bien son parcours de vie

"un Monseigneur dont j’ai oublié le nom m’a demandé ce que je voudrais faire après mon ordination. En tant que Bruxellois, je lui ai répondu envisager d’être vicaire à Bruxelles. Il m’a répondu que c’était très bien. Quinze jours après, on me nommait professeur au collège Sainte-Gertrude à Nivelles."

" D’autres missions vous ont été confiées et pour l’époque, elles peuvent encore paraître surprenantes. – En effet, il y a trente-cinq ans, le Cardinal Suenens a demandé de lancer la pastorale pour les personnes divorcées et remariées dans laquelle je me suis beaucoup investi. Cette pastorale reste très active et d’actualité. Les équipes actuelles ont répondu au questionnaire lancé par le Synode sur la famille et lorsque le cardinal Danneels est arrivé, il a tout de suite insisté pour que l’initiative continue. Il a également annoncé qu’il prenait deux ans pour réfléchir à la façon d’organiser l’archidiocèse avec en vue de nommer les vicaires généraux évêques. L’abbé De Raedt, entré chez le cardinal Vicaire Général, en est sorti sans aucune mission. Il est vraisemblable qu’il ait été très affecté par ce mécanisme qui l’a mis de côté. Mais pendant cette période, à la fin du vicariat de De Raedt, j’ai rencontré énormément de gens sympathiques et intéressants avec qui il était possible de discuter. Nous avons commencé une formation permanente de laïcs avec l’idée suivante : il faut qu’un jour, ces gens soient capables de porter des responsabilités pastorales importantes.
– Il s’agit des groupes « Anime ». – Oui, avec cette question qui nous taraudait  : comment les former, mais aussi comment les trouver ? Un des mes confrères pensait qu’il ne fallait pas les chercher. Ce ne sont pas forcément les gens les plus intéressés qui sont prêts à prendre des responsabilités. En faisant le tour des doyennés, nous avons trouvé des laïcs prêts à s’engager, étonnés et flattés que nous nous adressions à eux. Chaque groupe était aussi composé d’un théologien de qualité et d’un psycho-sociologue. C’était l’époque où il y avait beaucoup d’animosité vis-à-vis de l’Église. Beaucoup estimaient que malgré les avancées du Concile, elle n’était pas encore suffisamment en phase avec le monde, que le faste de l’Église était un obstacle, que la position envers les divorcés remariés était en décalage, etc. La première année a consisté à faire parler ces laïcs sur l’Église et sur ce qui n’allait pas. Et puis nous nous servions des cahiers théologiques de L’Arbresle, ce couvent des dominicains près de Lyon. Cela a été une expérience assez extraordinaire mais à la fin du vicariat de De Raedt, tout cela a pris une forme beaucoup plus classique."


"J’ai travaillé avec des femmes et des hommes remarquables, qui développaient de nouvelles façons de vivre et de penser le travail syndical, mutuelliste, en lien avec les autres organisations du MOC comme la JOC, Les Équipes Populaires et Vie Féminine, sans oublier les coopératives. Pour citer quelques noms : Jean-Marie Paquay, Mady Tonini, Jacques Detienne, Georges Bristot et bien d’autres. C’était vraiment du gâteau ! "

– C’est là que vous avez eu l’occasion de rencontrer Arafat. – Oui, nous avons eu un contact avec Yasser Arafat, qui n’était pas en grande forme. Lorsque Jean Daems lui a offert un cadeau, une layette que nous avions apportée parce que sa femme venait d’avoir un enfant, tout de suite des gardes du corps ont accouru inspecter le cadeau. Un signe de la peur d’un attentat. Si Arafat a fait un discours formaté, nous avons pu rencontrer bien d’autres personnes, sur le terrain, dont un architecte qui nous a dit : « Quand vous rentrerez chez vous, dites bien qui nous sommes. Nous ne sommes pas des tueurs, nous sommes pacifiques. »
– C’était un voyage officiel avec le MOC. Mais vous avez aussi mis en route des pèlerinages en Terre Sainte dont l’objectif était de partager le message de cet architecte. – Effectivement, à mes 65 ans, des amis se sont cotisés pour me payer un voyage à Jérusalem. Mais je n’avais vraiment pas
envie de partir en pèlerinage. Réciter le chapelet dans le bus, visiter uniquement des lieux saints ne m’intéressait pas. C’est Pierre de Locht, prêtre et docteur en théologie, habitué des voyages en Palestine (il en a fait chaque année pendant 25 ans), qui m’a dit que j’avais bien raison. Il m’a aussi tendu la perche : « Tu connais la Bible. Réunis quelques personnes et je vous dirai ce qui est intéressant à visiter. » C’est ce que nous avons fait. La première fois, nous sommes partis à neuf, à vingt-cinq l’année suivante. Puis les Familles Populaires à Lourdes m’ont demandé d’organiser des pèlerinages. Cela comprend évidemment la visite des sites incontournables, dont les décevants Saint Sépulcre et Bethléem, devenus de véritables marchés. Mais je voulais aussi mettre en œuvre la demande de l’architecte : organiser des rencontres avec les Palestiniens.
– Des rencontres passionnantes ? – Oui impressionnantes. Je me souviens d’une en particulier. Nous passions devant l’école Saint-Joseph à Bethléem. On entendait de la musique et nous sommes entrés. Une des jeunes nous a tous marqués profondément. À quelqu’un qui questionnait la jeune musicienne sur ses sentiments pour les Israéliens, elle a répondu : « Actuellement je suis en colère parce qu’ils occupent mon pays, mais j’espère n’avoir jamais de haine. » Dans le groupe, il y avait une musicienne plus expérimentée. « Et toi, si on te demandait d’aller jouer dans un orchestre israélien, que ferais-tu ? » Sa réponse : « Je pense que je dirai non car si j’y vais, ils pourraient croire que je suis d’accord avec eux. » Ce mur qui sépare les deux pays est réellement impressionnant. Les Palestiniens ne peuvent passer que par des « checkpoints ». Parfois, le passage est refusé à des femmes enceintes. Et pourtant, la plupart continue à croire à une résistance non-violente. Alors que ce mur criblé d’injustices pose encore question, je reste émerveillé par tous ces gestes de résistance pacifique. Les gens qui les pratique appellent cela la « belle résistance ».
 




 

jeudi 29 octobre 2015

La mort volontaire accompagnée

On parle de plus en plus de la mort volontaire.
Ce matin 30 octobre 2015 j'entends sur la radio RTBF des déclarations de personnes qui optent pour la mort volontaire lorsque le moment sera venu.
 
La mort volontaire accompagnée

Quelques notes :
  • Comme la vie, la mort fait partie de l'existence. On ne décide pas sa mort, on peut seulement influencer le moment, le lieu, le rituel, l'entourage... L'être humain n'est jamais tout à fait maître de sa mort.
    • on peut laisser les phénomènes physicochimiques suivre leur cours
    • on attend une intervention d'un dieu qui fait ou laisse mourir, qui rappelle à lui, ...
    • on intervient dans le décours de sa propre vie
  • Je n'aime pas le terme "suicide" assisté. "Sui-" évoque trop la destruction de soi
  • Je préfère donc "mort volontaire" qui insiste sur l'adjectif
  • Je pense surtout aux personnes en fin de vie (pas aux enfants, adolescents, jeunes adultes qui sont une autre question
    • avec éventuellement une maladie grave évolutive
    • avec éventuellement de grandes douleurs
  • Le fondement est le droit de l'homme à disposer de lui-même
    • pour que ce soit une décision vraiment libre il faut
      • qu'elle ne soit pas un coup de tête
      • pas un moment de découragement 
      • ...
  • Accompagné, assisté
    • Dans beaucoup de pays cela pose la question de l'accompagnement légitime
      • acheter le produit qui va provoquer la mort
      • tendre un verre avec le produit
      • aider à boire
      • ne pas empêcher le dernier geste
        • non assistance à personne en danger ?
        • ou parfois est-ce que l'empêcher est un mauvais choix
    • Il ne faut pas que l'accompagnement soit une pression
      • pour des motifs économiques
      • pour que la personne âgée vide le plancher, libère la maison ou l'appartement
  • Vie "accomplie" ou "marre de vivre"
    • On entend les deux expressions par rapport à ceux qui ont recouru à la mort volontaire
  • Euthanasie
    • Eu-thanasie : c'est la bonne mort. Pourquoi ne pourrait-on pas la désirer ?
    • Dans l'histoire de notre pays, le droit est passé par le chemin de la maladie grave, irréversible, etc.
    • Par le droit du patient aussi
    • donc une place importante pour le médecin 
    • et une procédure très claire
  • Développer une culture de la fin de la vie
    • Pour les personnes âgées
      • autonomie
      • accompagnement
      • mais il peut y avoir un moment où le mourant demande de lui "lâcher les baskets"
      • pour certains, le sentiment d'une vie "accomplie", où parfois ce qui serait "en plus" serait "en trop"
      • vie sociale
        • avec d'autres personnes âgées
        • avec des proches
        • avec l'ensemble de la société
          • immeuble
          • rue
          • quartier
          • ville

mercredi 18 décembre 2013

Peter Lipnik funérailles le 21 décembre 2013

Un des scientifiques pionniers de Louvain-la-Neuve nous a quittés dimanche 15 décembre: Peter Lipnik. Ses funérailles auront lieu à l'Eglise Notre-Dame d'Espérance, place du Plat Pays à LLN, quartier des hauts de Bruyère, le samedi 21 décembre 2013 à 10 heures.
L'inhumation se fera au cimetière de Blocry que depuis la fondation de la ville nouvelle, les néo-louvanistes partagent avec les Ottintois des quartiers proches.
Peter était né à Budapest en 1931. Beaucoup de Hongrois ont rejoint la Belgique et particulièrement l'UCL dans les années 50. La plupart après la fin tragique de l'insurrection de Budapest en 1956. Du 23 octobre au 10 novembre 1956, les Hongrois se révoltèrent contre le pouvoir soviétique. Cela avait commencé par une manifestation étudiante et cela se termina dans des combats de rue.
Pendant 3 semaines le monde retint son souffle. A Leuven on manifesta puissamment sur la Place Ladeuze, devant la Grande Bibliothèque. Des Belges partirent à Budapest pendant la révolte pour donner un coup de main et exprimer la solidarité de notre pays. Mais surtout après l'échec on accueillit les réfugiés. Sur 200.000 beaucoup s'arrêtèrent en Autriche qui était libérée de l'occupation interalliée (revoir le film Le troisième homme avec Orson Welles) depuis octobre 1955. Certains continuèrent vers la Belgique où des comités d'accueil se mirent en place. Trouver du logement, des objets de première nécessité, de la nourriture, de l'emploi...
Et parmi eux les Universités héritèrent de jeunes scientifiques de grand avenir. Quelques-uns firent souche.
Je ne connais pas l'histoire personnelle de Peter Lipnik même si nous avons eu de longues conversations. Mais son décès est une occasion de rendre hommage à toute une génération magyare.  

samedi 5 octobre 2013

Crématoriums. Prendre le temps de la réflexion

Ce rappel à l’ordre sur les expressions religieuses catholiques dans les crématoriums est assez désolant. C’est d’une grande maladresse. Et les premières versions des titres de journaux tout aussi inadéquates.
Heureusement il reste plus d’un an avant la mise en œuvre. Le temps de la réflexion.
Il y a 50 ans les itinéraires de deuil en milieu chrétien étaient assez simples : mortuaire, église, cimetière. Ils se sont diversifiés, avec la multiplication des funérariums, la popularisation des crématoriums, … Chaque famille trace son itinéraire. Et de plus en plus de futurs défunts font connaitre leurs souhaits.
Il est heureux que les exploitants de crématoriums, comme récemment à Court-Saint-Étienne aient ouvert la place à l’expression de différentes convictions. Et que l’Église délègue un représentant qualifié pour un dernier accompagnement du mort et de sa famille. C’est un choix légitime de choisir une solution « tout compris » dans des circonstances où l’entourage ne veut pas supporter des complications supplémentaires. Les Églises doivent considérer comme une grâce de rester présentes dans ce passage difficile. J’ai vécu dans ces lieux publics des cérémonies d’une rare qualité, tant dans un milieu chrétien que dans un milieu laïc.
Mais de plus en plus de familles et de groupes d’amis souhaitent de l’ampleur pour leurs adieux, de l’espace, du temps. Et la situation dans un espace de conviction les aide dans la création d’une ambiance. La référence à un passé chrétien même lointain, même critique ne leur déplait pas. Et ils choisissent un lieu déjà marqué soit par le passé du défunt soit parce que c’est un endroit symbolique dans leur environnement.
Il me semble que les funérailles constituent aujourd’hui un des moments les plus importants d’une existence. Un temps qui résume une vie, qui ramène textes et musiques aimées, fait parler les proches, ouvre à une dimension non visible de l’existence. Et dans la désolation de l’abandon des lieux de culte c’est l’expérience d’une autre Église. De plus en plus toutes les convictions y ont le droit de s’exprimer. Il me semble que la cathédrale de Liège n’a jamais été aussi cathédrale que le jour où pour rassembler la peine d’une cité, l’évêque s’est mis au même rang que les représentants d’autres convictions.
Paradoxalement plusieurs des célébrations que j’ai vécues ces dernières années étaient clairement des cérémonies athées dans des lieux qui avaient été dédicacés. L’église ferme de Froidmont pour le professeur Lavendhomme, l’église de Blocry pour Christian de Duve et quelques semaines plus tard l’église Saint-Loup pour un de ses proches, collaborateur et ami.
Je plaide pour que les églises, bâties et entretenues aussi grâce aux pouvoirs civils, soient accueillantes à l’expression de toutes les convictions. Et que si on le demande la marque chrétienne puisse n’est qu’un accueil discret au nom de la communauté, un texte d’évangile ou un signe particulier d’affection.

Chaque groupe de proches, chaque défunt s’il a exprimé une demande, doit pouvoir esquisser un itinéraire de deuil. Et la régulation des Églises devrait se réaliser essentiellement par un accompagnement personnalisé et des conseils (pas trop long les témoignages, pas de textes ésotériques, une place pour les enfants…)

vendredi 4 octobre 2013

Mourir à Louvain-la-Neuve. Chemins de deuil. Mgr Léonard

Dans des journaux de ce début octobre 2013, on lit la demande de Mgr Léonard en faveur des églises pour des célébrations religieuses. 
"Pour "faire revenir les croyants dans les églises", Monseigneur Léonard veut interdire les célébrations religieuses dans les crématoriums.
Monseigneur Léonard réclame le retour des croyants dans les églises pour les enterrements et a dès lors décidé d'interdire les célébrations religieuses dans les crématoriums dès 2015, peut-on lire samedi dans Sudpresse, Het Nieuwsblad et De Standaard. Dès 2015, les prêtres ne pourront se rendre dans les crématoriums que pour y prononcer de petites prières, d'une dizaine de minutes pas plus, et ne pourront donc plus y tenir des offices complets, ce qui se fait pourtant aujourd'hui lors de quatre crémations sur dix.
Le but est de "faire revenir les croyants dans les églises pour les funérailles", précise Monseigneur Léonard. Un courrier en ce sens a été envoyé à tous les prêtres du pays.
Une décision prise non pas contre les crématoriums mais en faveur des églises, insiste le porte-parole de l'Eglise, Tommy Scholtes, qui précise que la décision a été prise en concertation avec l'ensemble des évêques.
Le nombre de crémations en Belgique ne cesse pourtant de grimper ces dernières années, avec 55.741 crémations enregistrées l'an passé."


  1. Il faut évidemment attendre des textes officiels pour mieux comprendre la position des évêques.
  2. L'expression "faire revenir les croyants dans les églises" me fait peur
  3. 2015 pour l'entrée en vigueur de cette demande. Mgr Léonard rencontrera la limite d'âge de 75 ans en mai 2015. On aura donc un autre évêque dans le diocèse.
  4. Personnellement je suis pour une utilisation plus courante des églises actuelles.
  5. Actuellement chaque famille trace son parcours de deuil : visites à la mortuaire, funérarium, veillées, célébration, funérarium ou église, ... 
  6. Je suis en train d'écrire un article à ce sujet.
Que pensez-vous de l'accompagnement de la mort ?

Photos de la création du crématorium de Court-Saint-Etienne :
https://plus.google.com/photos/110075015355556431360/albums/5676254634449378401

dimanche 11 août 2013

Nécrologies

Ce samedi 10 aout deux avis nécrologiques significatifs.
Dans Le Soir :
« La famille et ses proches ont la profonde tristesse de vous faire part du décès de Monsieur Claude COUVREUR Dentiste …
Sa vie ne répondant plus à sa conception de la dignité humaine, il a souhaité être euthanasié ce 31 juillet 2013. »
Et le même jour dans La Libre Belgique
« Messire Christian DUMONT de Chassart…
Réconforté par le Sacrement des Malades, en confiance, porté par l’amour de tous les siens, et résolu à se battre jusqu’au bout. »

Ce sont deux attitudes tout à fait estimables. Et elles correspondent bien au choix de nos contemporains face à une fin de vie difficile. Elles demandent un égal courage. Celui de l'ultime liberté.